Le Palais du Louvre




Le Louvre de Napoléon III


Le Louvre occupe une place à part dans l'histoire des monuments parisiens en raison de son importance et de ses évolutions au fil des siècles. La forteresse militaire s'est transformée en un palais royal avant de devenir l'un des plus grands musées du monde.

 



Projet de rideau pour le théatre des Tuileries :
on aperçoit le Louvre et les Tuileries restautées par Napoléon III

Les origines du Louvre se trouvent ... sous nos pieds. La muraille de protection de Paris construite par Philippe Auguste sur la rive droite aboutissait à la Seine en passant à peu près au milieu de la Cour Carrée. Pour défendre cette articulation stratégique de l'enceinte et du fleuve, le roi fit batir une forteresse occupant environ le quart sud-ouest de l'actuelle cour ; il s'agissait d'un gros donjon de 32 mètres de haut, entouré d'un fossé sec,
lui-même protégé par des remparts crénelés précédés de fossés mis en eau.
Ce symbole du pouvoir féodal faisait également office de coffre-fort royal et servait aussi bien de lieu de détention pour quelques prisonniers de haut rang.
Les vestiges de la forteresse ont été découvert en 1984-1985 lors des travaux d'excavation de la Cour Carrée (accès au Louvre médiéval). La déchéance militaire du Louvre fut consacrée par la construction, vers 1358, d'un nouveau mur, l'enceinte de Charles V, à quelques centaines de mètres de son prédécesseur ; le Louvre se retrouvait dès lors à l'intérieur des murs, perdant tout intérêt défensif. Charles V n'abbattit pas cette forteresse inutile mais résolut d'en faire une résidence plus agréable en l'agrémentant de fenêtres et d'embellissements divers ; des appartements au confort moins sommaires furent aménagés et des jardin furent plantés. Les monarques qui lui succèderent affichèrent toutefois une préférence marquée pour le Val de Loire plutôt que pour les bords de Seine et résidaient plus volontiers à l'hôtel des Tournelles, dans le Marais, lors de leurs visites parisiennes.




 

Le Louvre sombra dans un long oubli. Il en sorti lorsque François 1er décida , en 1527, d'y établir sa cour. Il fit abbattre la grosse tour, remblayer les fossé, dégagea la place de constructions parasites et établit un quai le long de la Seine. Vingt ans plus tard, il appela l'architecte Pierre Lescot pour construire un véritable palais à la manière des chateaux de la Loire. La mort du souverrain n'arrêta pas l'entreprise de Lescot qui se poursuivit sous les règnes d'Henri II, de Charles IX et d'Henri III, rasant des pans entiers du Louvre médiéval pour lui substituer un palais renaissance. Dans certaines limites toutefois : l'oeuvre de Lescot n'excède pas, en effet, l'emprise de la vieille forteresse et se limite à ses ailes ouest et sud (soit la moitié des deux ailes actuelles de la Cour Carrée, en face et à gauche de soi quand on regarde la pyramide). A la mort de l'architecte, le Louvre est un curieux mélange de styles dont les récentes facades Renaissance se raccorde à l'ancienne construction gothique.

L'idée de donner à la Cour Carrée ses proportions actuelles fut sans doute celle d'Henri IV. Il revint cependant à son fils Louis XIII, de conduire le projet : c'est lui qui fit abbattre l'aile nord du palais de Charles V et prolonger, par Jacques Lemercier, l'aile ouest de Lescot - dans le même style - en direction du nord. L'aile nord elle-même fut à moitié réalisée. Ce n'est qu'en 1660 que Louis XIV chargea Le Vau de terminer ce qui avait été engagé en faisant disparaitre les derniers vestiges médiévaux et fermer, enfin la cour Carrée. L'affaire n'était pas terminée pour autant comme il convenait d'amménager une porte d'honneur au palais dans l'aile est (coté rue de l'Amiral de Coligny). Les propositions des architectes du roi - Le Vau, Mansart - furent repoussées par Colbert qui invita Le Bernin à Paris en 1665 pour reprendre le projet. Ce dernier, accueilli en sauveur, décréta d'entrée de jeu qu'une destruction générale du palais - y compris l'aile Lescot - s'imposait pour batir à neuf un édifice à son gout.

Il fallut employer des trésors de diplomatie pour le convaincre de consacrer exclusivement ses efforts à la façade regardant la ville. Le Bernin livra donc un projet qui apparut si peu en rapport avec l'architecture de Lescot que personne ne le considéra sérieusement... sans toutefois pousser l'audace jusqu'à l'en prévenir. Une grande cérémonie de pose de la première pierre fut organisée, au terme de laquelle Le Bernin s'en retourna en Italie, couvert d'honneurs et d'argent ; on ne se soucia plus d'exécuter ses plans. Les plans de la colonnade résultèrent, finalement et non sans mal, des efforts conjoints de Le Vau et de Claude Perrault. Commencés en 1667, les travaux furent affectés par une volte-face royale quand Louis XIV voulut allonger la colonnade... avant de s'en désintéresser comme il transportait sa cour à Versailles.

La façade resta démunie de toit et non raccordée aux ailes de la cour Carrée. Une population d'artistes, de courtisanes et de bons à rien prit rapidement possession des lieux en déshérence ; flairant un marché régulier, cafés et restaurants de fortune s'établirent sur place tandis que des apprentis ou des barraques sommaires fleurissaient dans la cour. La situation perdura jusqu'en 1756, quand Louis XV expulsa les résidents indésirables. La cour Carrée fut achevée en 1810 et la colonnade l'année suivante, près d'un siècle et demi après le début des travaux.


La configuration de cette partie du palais a été gouvernée par un grand disparu : le palais des Tuileries, établi en bordure du jardin éponyme (à hauteur de l'avenue du Général Lemonnier). Construit par Philibert Delorme pour Catherine de Médicis à partir de 1564, le batiment ne survécut pas à la Commune de Paris au cours de laquelle il fut incendié. Catherine de Médicis ne résida pas très longtemps au Tuileries, mais elle eut le temps de murir l'idée d'un long corridor reliant son palais à celui du Louvre. La mise en oeuvre de ce projet revint à son gendre, Henri IV, qui vit encore plus grand en nourrissant le "Grand Dessein" d'une réunion complète des deux palais non seulement au sud par une grande galerie mais aussi au nord, pour créer un vaste quadrilatère d'architecture royale. Les travaux de la Grande Galerie le long de la Seine commencèrent en 1595 et s'achevèrent en 1608, deux ans avant l'assassinat d'Henri IV.






 

La galerie n'est pas aligné sur la cour Carrée mais un peu plus proche de la Seine ; il ne s'agit pas là d'un choix esthétique, mais pratique, comme les architectes ont jugé plus rapide et plus économique d'utiliser les fondations du mur de Charles V pour construire cet aile. Des guichets du Louvre au pavillon de Flore, à l'extrème ouest, la galerie a dû être détruite et reconstruite en 1861-1865 en raison de graves désordres survenus dans ses fondations.
Le Grand Dessein d'Henri IV fut poursuivi par Napoléon 1er quand il fit batir par Percier et Fontaine l'aile nord du Louvre, le long de la rue de Rivoli entre les pavillons de Marsan et de Rohan. La dernière section de cette aile nord a été réalisée sous Napoléon III par les architectes Visconti et Lefuel entre 1852 et 1857.
Préalablement, on avait fait place nette des rues et des maisons anciennes qui se trouvaient encore dans le périmetre de ce nouveau Louvre.
La construction de l'aile nord butta sur une difficulté qui préoccupaient les architectes depuis le XVIIème siècle : le Louvre et les Tuileries ne sont pas parralèles entre eux.
Ce défaut d'alignement, avantageusement gommé sur le plan de Mérian mais visible sur le plan de Turgot, s'explique par le fait que Catherine de Médicis avait fait construire les Tuileries parallèlement au mur de Charles V, lui même non strictement perpendiculaire à la Seine.



 

Napoléon 1er fit construire l'aile nord à angle droit des Tuileries, donc sensiblement divergente de la Grande Galerie, sans s'alarmer davantage de cette disposition : "Les oiseaux seuls s'aperçoivent de l'irrégularité des grands espaces." Plus tard, Haussmann trouva ce déséquilibre si facheux, qu'il fit construire les deux ailes parallèles à l'intérieur de la cour Napoléon, comme un sorte d'extension de la cour Carrée, pour corriger la perspective. L'achèvement de la jonction du Louvre au Tuileries date de 1857, et consacrait un rêve vieux de plus de trois siècles. Napoléon III restaura entièrement le Palais des Tuileries qui connut ses plus hautes heures de gloire et fit connaitre le prestige de la France et le récit des réceptions du palais des Tuileries courrait à travers toute l'Europe. Ce batiment de très grand luxe a été le théatre de fêtes extraordinaires... Certaines toiles de l'époque nous montre le faste que le second Empire avait donné à cette demeure qui restera comme le symbole de la monarchie française. Hélas pour peu de temps... la commune de Paris en 1871, juste après la chute du second Empire emporta par le feu le magnifique palais. Les ruines du batiment restèrent 11 ans debout...

On se demanda longtemps si l'on devait reconstruire le Palais des Tuileries... Le hommes de la III république, frileux, et ayant peur d'une restauration impériale ne purent que se décider à faire tomber les murs qui seuls avaient résités aux flammes. Ce n'est qu'en 1882 que les derniers vestiges du batiment furent dégagés.
Le Grand Dessein était définitivement oublié, mais une perspective unique s'ouvrait sur l'Arc de Triomphe ; elle sera, plus tard abimé par l'apparition des buildings de la Défens




 
 
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